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En Lettonie, de nouvelles mesures sur l’alcool ont rapidement des effets positifs sur la santé publique

28 septembre 2026
Communiqué de presse
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Que se passe-t-il lorsqu’il devient un peu plus difficile de se procurer et de consommer de l’alcool ? Une première étude de l’OMS montre que quelques modifications relativement simples de la législation lettone sur l’alcool ont rapidement porté leurs fruits.

La Lettonie a réduit les horaires de vente d’alcool, interdit la livraison immédiate des boissons alcoolisées achetées en ligne et restreint les promotions, ainsi que la vente d’alcool, dans les établissements de jeux d’argent. Ces mesures ont réduit ce que les experts en santé publique appellent la « disponibilité » de l’alcool, c’est-à-dire la facilité avec laquelle il est possible de s’en procurer, mais aussi les lieux et les horaires de vente. 

Une première évaluation menée par l’OMS/Europe à la demande du ministère letton de la Santé a mis en évidence une diminution significative des décès causés par l’alcool au cours des 5 premiers mois suivant l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures.

Les politiques visant à limiter la disponibilité de l’alcool sauvent des vies

L’évaluation de l’OMS, fondée sur les données communiquées par les autorités lettones, a révélé qu’après l’entrée en vigueur des nouvelles restrictions, la mortalité due à des causes entièrement imputables à l’alcool, notamment les intoxications alcooliques, les maladies du foie liées à sa consommation et les pancréatites aiguës qu’il provoque, avait significativement diminué. 

Au cours des 5 premiers mois de mise en œuvre des mesures, du 1er août au 31 décembre 2025, le nombre de décès dus à des causes entièrement attribuables à l’alcool a diminué de 27 % au total, soit plus de 60 décès évités. 

« Pour la Lettonie, les résultats de cette évaluation constituent un signal fort et rappellent à quel point une politique efficace en matière d’alcool peut véritablement changer la donne. La consommation d’alcool continue de peser lourdement sur la santé publique en Lettonie. Mais ces premiers résultats montrent qu’en adoptant des mesures fondées sur des données probantes et en les appliquant de manière responsable, nous pouvons sauver des vies. Tel devrait être l’objectif ultime des politiques de santé publique : non pas imposer des restrictions pour le principe, mais bâtir une société en meilleure santé et prévenir des décès évitables », a déclaré Hosams Abu Meri, ministre letton de la Santé.

Des mesures essentielles

L’alcool est une substance toxique, psychoactive et susceptible d’entraîner une dépendance. Il est reconnu comme étant à l’origine d’au moins 7 types de cancer, dont certains figurent parmi les plus fréquents, comme le cancer colorectal et le cancer du sein chez la femme. La consommation d’alcool est responsable d’environ 800 000 décès par an dans la Région européenne de l’OMS. 

Ce fardeau pèse sur la Lettonie depuis des années. Le pays affiche l’un des niveaux de consommation d’alcool par habitant les plus élevés au monde, avec une consommation totale de 14,2 litres par adulte et par an, ce qui a des répercussions considérables sur la charge de morbidité et la mortalité. 

En Lettonie, la prévalence des troubles liés à la consommation d’alcool est estimée à 23,3 % dans la population adulte, contre 10,7 % dans l’Union européenne (UE). Les décès imputables à l’alcool représentent quant à eux 18,1 % de l’ensemble des décès dans le pays, contre 5,2 % dans l’UE. Le niveau de dépendance à l’alcool en Lettonie, qui touche environ 1 adulte sur 8, est également beaucoup plus élevé que la moyenne de l’UE.

« À mesure que de nouvelles données seront disponibles, il sera essentiel de poursuivre l’évaluation des politiques lettones en matière d’alcool. Mais les premiers résultats donnent déjà une indication claire : rendre l’alcool moins facilement accessible peut contribuer à prévenir les décès liés à une consommation excessive et à protéger la santé de la population. C’est un enseignement important et porteur d’espoir pour les pays confrontés à une forte consommation d’alcool et à ses effets néfastes », a déclaré Karina Zālīte, responsable du bureau de pays de l’OMS en Lettonie.

De nouvelles règles

En janvier 2025, la Saeima (Parlement letton) a adopté des modifications de la loi sur la circulation des boissons alcoolisées, dont les principales mesures sont entrées en vigueur le 1er août 2025. La réforme prévoyait notamment :
  • une réduction des horaires de vente au détail ;
  • un délai obligatoire pour la livraison d’alcool acheté en ligne ou via une application ;
  • des restrictions sur la vente d’alcool dans les établissements de jeux d’argent ;
  • des restrictions concernant les petits conditionnements de boissons alcoolisées ;
  • l’interdiction de la publicité sur les prix des boissons alcoolisées et les remises pratiquées ; 
  • l’interdiction des opérations de vente promotionnelle de boissons alcoolisées.
Ces mesures visaient à limiter les achats impulsifs et l’accès à l’alcool tard le soir, en réduisant les horaires de vente et en supprimant la possibilité de se faire livrer immédiatement.

Plus précisément, les mesures visant à limiter la disponibilité de l’alcool sont conformes aux recommandations de l’OMS relatives aux « meilleurs choix » et aux « choix à effet rapide ». Ces deux ensembles de recommandations regroupent un large éventail de mesures fondées sur des données probantes et présentant un bon rapport coût-efficacité, susceptibles de réduire sensiblement la charge des maladies non transmissibles, notamment les cancers et les maladies cardiovasculaires. Les politiques relevant des « choix à effet rapide » peuvent produire des effets bénéfiques mesurables sur la santé publique en 1 à 5 ans, ce qui les rend particulièrement intéressantes pour les gouvernements souhaitant obtenir des résultats rapides et visibles.

Pour réduire les méfaits de la consommation d’alcool, l’OMS préconise d’en limiter la disponibilité physique, d’augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées et de restreindre les pratiques de marketing qui encouragent leur consommation. La Lettonie a constaté les effets de mesures de ce type presque immédiatement.

Un signal en faveur de mesures politiques concrètes

Ces nouveaux résultats de l’OMS interviennent à un moment important pour le pays, alors qu’il examine les effets de la réforme de 2025 et les prochaines étapes.

Au vu de cette première évaluation, la Lettonie est invitée à maintenir les nouvelles restrictions sur la disponibilité de l’alcool et à continuer d’en suivre les effets. Il est particulièrement important de veiller à l’application rigoureuse des restrictions sur les ventes en ligne et par téléphone, ainsi que de réexaminer régulièrement la fiscalité sur l’alcool pour éviter que celui-ci ne devienne plus abordable à mesure que les revenus augmentent.

D’autres mesures pourraient notamment porter sur le renforcement de la protection des jeunes et l’obligation d’ajouter des avertissements sanitaires sur les étiquettes des boissons alcoolisées, y compris concernant les risques de cancer. Cela est particulièrement pertinent en Lettonie, où le niveau de sensibilisation au lien entre la consommation d’alcool et le cancer demeure l’un des plus faibles de l’UE.

Les résultats de l’évaluation des récentes mesures législatives lettones en matière d’alcool sont préliminaires et ont également été soumis à un examen indépendant par les pairs. L’OMS/Europe précise que les données disponibles ne couvrent que les 5 premiers mois suivant la réforme. Un suivi plus long sera nécessaire pour évaluer plus clairement les effets sur d’autres indicateurs, notamment les causes externes de décès, les lésions auto-infligées et la mortalité cardiovasculaire.